Travail domestique non rénuméré au Bénin : le Creg et le PRB engagés pour un dialogue intersectoriel constructif

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Le Consortium Régional pour la Recherche en Economie Générationnelle (CREG) et le Population Reference Bureau (PRB) ont organisé du 31 janvier au 02 février à Cotonou une Concertation de Haut niveau. L’objectif est d’impliquer diverses parties prenantes sur la question du travail domestique non rénuméré (TDNR) et l’économie du soin.


Selon une enquête menée, en 2015, par l’Institut nationale de la Statistique et de la Démographie (INSTaD ex INSAE), les femmes au Bénin consacrent cinq fois plus de temps aux travaux domestiques que les hommes. Elles y consacrent 42 heures contre 3heures 42 minutes chez les hommes par semaine. En effet, le travail domestique non rénuméré comprend les tâches ménagères comme la cuisine, le nettoyage, la garde des enfants ou des personnes âgées, des animaux, la collecte de l’eau, la recherche de bois, et tout autre tâche qui nécessite de produire et de transférer uniquement de son temps sans être payé. Mais, ces tâches domestiques essentielles au bon fonctionnement de la société et de l’économie sont souvent négligées. Les femmes et les filles assument la plus grande partie de la charge de ces tâches car les normes et stéréotypes sexistes renforcent l’idée que le rôle de la femme est de disposer de son temps à son foyer et aux soins de la maison. Aujourd’hui, dans un monde où les femmes sont de plus en plus autonomes et ont des obligations professionnelles à remplir, elles sont encore préoccupées par ces travaux dits domestiques non rénuméré bien que ceci ne soit pas toujours facile.
Ainsi, dans le but de construire un dialogue intersectoriel constructif et d’arriver à un consensus sur la question, le Consortium Régional pour la Recherche en Economie Générationnelle (CREG) et le Population Reference Bureau (PRB) ont mis en place une concertation de haut niveau avec diverses parties prenantes. Entre autres, il s’agit des Décideurs politiques, les parlementaires et la société civile à qui les résultats des recherches ont été présentés. L’objectif est de les amener à prendre conscience du fait que le travail domestique non rénuméré effectué par les femmes peuvent être compensé mais aussi de les amener à prendre en compte ce volet dans l’élaboration de leur feuille de route. Dans son intervention, le professeur Latif Dramani, Président Coordinateur Représentant Afrique du Réseau NTA explique les enjeux du sujet et dévoile les pays africains où le sujet sera débattu.
« Aujourd’hui nous commençons une série de tournée dans la région. Il y a cinq pays à couvrir, notamment le Bénin, le Togo, le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal. L’objectif est de trouver des moyens sur comment se projeter dans le futur face aux mutations sociales en cours, de savoir comment ces mutations vont permettre à nos sociétés d’être résiliente et enfin d’analyser comment les nouvelles générations vont pouvoir vivre quant à la division du travail dans le couple », a-t-il dit. Aussi, il a rappelé que « Cette initiative démarrée depuis trois à travers le Projet Counting Women’s Work s’intéresse au travail domestique non rénuméré des femmes dans la capture du dividende démographique. Ainsi, après les résultats obtenus des recherches depuis deux ans, il urge de les présenter afin que ces parties prenantes prennent en compte ce volet dans l’élaboration de leur feuille de route ».
Inscrite dans la même veine que le professeur, Aïssata Fall, la Directrice PRB-Afrique dans sa communication a mis un accent sur l’urgence à réfléchir sur la question. Selon elle, le travail domestique non rénuméré et l’économie de soin sont des volets absents dans l’élaboration des politiques publiques dans tous les pays. Or ces volets sous d’autres cieux sont des services payants et limitent les efforts que doivent fournir la femme pour concilier vie de couple, vie professionnelle et le rôle de mère. A cet effet, si rien n’est fait dès aujourd’hui, les facteurs de migrations vers les pays occidentaux vont connaitre un accroissement dans les pays africains ; les politiques publiques élaborés vont continuer à agir dans d’autres secteurs et domaines sans pour autant prendre en compte le travail domestique non rénuméré et l’économie de soin qui participent au développement et la capture du dividende démographique. Toutefois, de petites actions personnelles peuvent-être entreprises par les hommes et les époux pour accompagner les femmes et les filles.


Quelques pistes de solutions.
Pour le spécialiste en communication du projet Swedd au Bénin, Brice Tomavo, bien que les femmes soient multitâches, il est indispensable que des solutions soient proposées pour les accompagner. « La femme a de l’habileté à faire beaucoup de chose à la fois mais il est temps qu’on reconnaisse ces efforts qui sont fournis et de voir comment compenser ces services ». A l’en croire, il ne s’agit pas d’amener les hommes à rénumérer financièrement les femmes pour les travaux domestiques effectués mais plutôt de trouver des moyens pour les accompagner par eux-mêmes ou se faire payer ces services. Autres actions, des filières de formations qualifiées dans ces deux domaines peuvent être proposées et inscrites dans le système éducatif afin de créer de la main-d’œuvre disponible.

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