Rumeurs sur le traitement infligé lors des formations à l’Eace : de la diffamation ou des étudiants paresseux ?

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Chaque année comme à l’accoutumée, plusieurs étudiants cherchent à se faire former dans l’une des huit sections dont dispose la plus vieille institution spécialisée de l’Uac, l’Ensemble artistique et cultuel des étudiants (Eace). Cette quête du savoir dans cette institution pour, à priori avoir une seconde corde à leur arc au plan professionnel est axée sur des étapes. Lesquelles étapes que la jeune génération incrimine parfois.

« A l’Ensemble artistique et culturel des étudiants (Eace) c’est une autre vie. Les activités ne sont pas à manquer. Elles commencent souvent à 20 ou 22 heures et se terminent à 4 heures du matin. Les activités sont surchargées. En matinée nous faisons des activités sportives … », expose avec amertume une ex-étudiante en formation dans la section couture à l’Eace. En effet, selon « nos » recoupements, des étudiants ont dû abandonner en cours de route leurs formations avec à la clé les motifs susmentionnés. C’est par exemple le cas de Géralda Sagbo, étudiante en Licence 2 au département de Linguistique et ancienne étudiante en formation à l’Eace. « Si j’ai abandonné la formation, c’est à cause des exigences temporelles où il faut être là à six heures trente pour les Assemblées générales de 07 heures sans occulter les autres exigences barbares », confie-t-elle. A l’en croire, il arrive qu’ils (les étudiants en formation) soient informés de la tenue des AG la veille, tardivement la nuit sans manquer au rendez-vous. Une situation farouchement décriée par les parents. « Mes parents au vu de toutes ces contraintes, ont dû mettre un terme à ma formation au sein de l’Eace », fait savoir un autre étudiant. Des fois, poursuit-il, ils sont contraints à payer une pénalité de 50 f dès lors qu’ils viennent en retard aux formations ou autres rencontres. Une situation que le Directeur de l’institution trouve paradoxale. « Les apprenants que nous avons aujourd’hui, trouvent que la rigueur est grandissante à l’Eace et de l’autre côté, les aînés nous reprochent d’être trop flexibles », clame Jean-Luc Yambodè. A l’en croire, il a été décidé de revoir les procédés et de les adapter aux « réalités de notre temps ». Malgré cette avancée, le cri de cœur des étudiants en formation montent au galop. « Je suis d’accord que rien ne marche sans la rigueur. Mais à l’Eace, c’est trop. J’ai fait d’autres institutions spécialisées de cette même université, mais ça ne se passe pas comme ça », fustige un ancien élève de l’Ensemble. Plus loin, il hausse le ton : « nous adhérons à ces institutions spécialisées pour avoir une seconde corde à notre arc. Autrement dit, ces formations que nous suivons doivent être reléguées au second rang vis-à-vis de ce pourquoi nous sommes venus à l’Uac, nos cours, que dis-je nos diplômes académiques. Mais les responsables de l’Eace, de l’Ucae, de la presse universitaire oublient ça », se désole-t-il. En tout cas, quoiqu’il puisse dire, « notre leitmotiv ce n’est pas qui veut mais qui peut. Parce qu’ici, ce n’est pas un champ où il faut venir s’amuser, se divertir. C’est plutôt pour atteindre un but donné. La rigueur, transcrite en rouge sur nos murs est notre mot de passe », signe Bernadin Labi, Chef section théâtre à l’Eace. A l’en croire, celui qui vient sans une rigueur personnelle et sans une discipline interne ne peut pas faire l’Eace.

L’imposition de formation !

L’autre cri de cœur des étudiants en formation (artistes) dans cette institution spécialisée, est l’imposition de formation. Selon leurs confidences, ils sont ’’forcés’’ de suivre d’autres formations autres que celles dans lesquelles ils se sont inscrits préalablement. Un fait que Jean-Luc Yambodè dément et clarifie. « Danses traditionnelles et modernes, la musique moderne, Ciné Photo Unesco (CUP), théâtre, arts plastiques, coiffure et couture sont les sections dont nous disposons. L’Ensemble a ses règles et principes. Et dès lors que vous vous inscrivez et vous vous sentez apte à les respecter, vous restez et vous suivez votre formation. Donc la question d’imposition de section est un sujet vide. C’est vrai que lorsqu’un étudiant s’inscrit dans une section donnée parmi les huit, il a la possibilité de parcourir toutes les autres. Mais cette une option est un choix. C’est ce que nous sommes venus voir et c’est ça nous appliquons. Mais à aucun moment on oblige un artiste d’une section à forcément faire la formation d’une autre », explique la première autorité de l’institution. « On peut voir en un artiste en formation des talents d’une autre section alors qu’il est inscrit dans une autre. Là, on lui fait une proposition et si ça lui convient, il adhère », indique-t-il. Par ailleurs, poursuit-il, les différentes sections ont en leurs seins des sous-sections, c’est-à-dire des modules de formations qui constituent la section. « Ces modules de formations sont comme un tronc commun. Et quand vous vous inscrivez, durant la toute première année de votre formation, vous êtes obligés de suivre les différents modules de cette formation quelle que soit votre prédestination. Prenons par exemple la section art plastique où nous avons entre autres : le dessin, le perlage, la calligraphie, le chantournage, le portrait, la peinture, etc. Dans ce cas d’espèce, vous ne pouvez pas dire que vous voulez faire uniquement le dessin ou le perlage seul. C’est un curriculum de formation bien détaillé et prédéfinis et que vous subissez jusqu’à un moment donné. Quand vous aurez fini d’accumuler les compétences, vous avez ensuite la liberté de choisir une spécialité. Il en est de même pour les autres sections », conclut Jean-Luc Yambodè. A l’analyse, il y a maldonne quelque part. Car, bel et bien, presque tous les artistes ont une langue contre le traitement qui leur est infligé au sein de cette maison de formation pratique. Mais, que les étudiants en viennent à mentir ou à jeter l’opprobre sur les institutions spécialisées en générale et en particulier sur l’Eace, c’est une toute autre histoire. A la vérité, et comme le clame Jean-Luc Y., il faut revoir les copies et aider les étudiants à apprendre dans une ambiance plus plaisante. Sans quoi, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Mahussé Barnabé AÏSSI, in Parution 229 de mai 2024

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